Aurélie Adam Zoumarou : « Dans la tech africaine, nous avons besoin d’investisseurs qui connaissent le continent »

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Alors que l’intelligence artificielle bouleverse le secteur de la cybersécurité, la ministre béninoise du Numérique appelle les investisseurs à repenser leur approche. Entretien, en vidéo, réalisé en marge de l’édition 2025 du Cyber Africa Forum, à Cotonou.

camer decr 1 (2)© Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre béninoise du Numérique, lors du Cyber Africa Forum 2025, à Cotonou.

« L’intelligence artificielle (IA) est un levier d’accélération des actions de cybersécurité, mais elle porte aussi un effet amplificateur des menaces », met en garde Aurélie Adam Zoumarou. Si l’IA permet de détecter plus finement fraudes et incidents dans les systèmes critiques, elle fournit également de nouvelles armes aux cybercriminels, ouvrant la voie à des escroqueries en ligne toujours plus sophistiquées. « Il faut être capable de penser à l’impensable », prévient la ministre béninoise dans l’entretien en vidéo qu’elle a accordé à Jeune Afrique en marge du Cyber Africa Forum, qui s’est tenu fin juin à Cotonou*.

Les investisseurs doivent changer d’état d’esprit

Si elle met en avant les efforts de son gouvernement dans cette bataille contre les cybermenaces, Aurélie Adam Zoumarou n’en insiste pas moins sur le rôle crucial qui doit être celui des acteurs privés sur le front du développement de l’économie numérique, et sur celui de la cybersécurité en particulier. « Il est important que l’État contribue à faire croître le secteur privé de la cybersécurité », insiste-t-elle, évoquant plusieurs initiatives mises en place par le Bénin, des dispositifs de labellisation aux concours de talents, en passant par la mise en place de partenariats public-privé. « Nous avons une première cohorte de start-up labellisées, ce qui démontre que l’État y croit réellement », se félicite-t-elle.

À lire Au Bénin, les deux facettes d’une révolution numérique à grande vitesse

Pour autant, Aurélie Adam Zoumarou appelle aussi les investisseurs qui misent sur le continent à faire évoluer leur état d’esprit. « Il faut des investisseurs plus patients, qui comprennent mieux la dynamique africaine au niveau de ces entreprises, insiste-t-elle. Ce n’est pas la même dynamique qu’ailleurs. Nous avons besoin d’investisseurs qui connaissent notre continent, qui savent les temps d’investissement, pour que cette magie puisse prendre ».

(*) Jeune Afrique est partenaire média du Cyber Africa Forum 2025, qui s’est tenu à Cotonou, au Bénin, les 24 et 25 juin.

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