Manifestations et violences : des jeunes de GenZ appellent au calme et au pacifisme
Depuis plusieurs jours, le Maroc a été témoin d’un regain de mobilisations populaires. Des appels à manifester ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment les 27 et 28 septembre, pour dénoncer la situation préoccupante de l’éducation et de la santé dans le pays. Ces appels de la « Gen Z » ont trouvé un écho particulier auprès des jeunes, qui se sont rassemblés dans plusieurs villes du Royaume pour revendiquer des droits fondamentaux garantis par la Constitution. Cependant, la situation a dégénéré donnant lieu à des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre, intervenue pour disperser les foules.
Les premières journées de protestation ont rassemblé majoritairement des jeunes instruits, hommes et femmes, dont des lycéens, des étudiants universitaires, des doctorants, et même des employés et cadres. Certains observateurs ont noté la présence de jeunes issus de milieux aisés, souvent surnommés au Maroc les « Kilimini » (fils à papa). Les déclarations qu’ils ont faites à la presse étaient claires : leur intention n’était pas de casser ou de saccager, mais de faire entendre leurs voix et leurs doléances légitimes de manière pacifique.
Pourtant, l’intervention des forces de l’ordre pour disperser un « rassemblement non autorisé », l’escalade est devenue incontrôlable. Des jeunes moins informés, des mineurs dans la plupart, parfois ignorant la raison exacte des manifestations, se sont retrouvés au cœur d’affrontements violents. Ces scènes ont provoqué des blessures, des destructions de biens publics et des pillages, touchant des commerçants déjà fragilisés par les charges financières et la hausse du coût de la vie.
Les propriétaires de magasins, de voitures ou d’autres biens matériels ont été pris au piège, malgré leur situation déjà précaire. Une pharmacie a été incendiée à la ville d’Inzegane alors même que les revendications de la « Gen Z » ne portaient que sur le droit à la santé. Où est la logique ?
Sur la plateforme qui héberge les protestataires, et qui a servi de point de départ pour ce mouvement, un changement de ton notable a été observé. Au début, les initiateurs parlaient un langage civique et mesuré, appelant à des manifestations à 100% pacifiques. Après les deux journées de violence, ces jeunes se sont retirés des débats conflictuels et ont commencé à lancer des appels à la raison et à la retenue. L’un d’eux a clairement écrit: « Ce que nous voulons, c’est faire entendre nos droits légitimes. La violence ne résout rien, elle détruit ce que nous essayons de construire. Revenons au dialogue et au pacifisme ».
D’autres intervenants ont rappelé l’importance de s’inspirer de l’histoire récente du pays. Sur la même plateforme, plusieurs messages ont évoqué le mouvement du 20 février 2011, une mobilisation nationale qui a marqué l’histoire contemporaine du Maroc. Ce mouvement avait rassemblé des milliers de jeunes à travers le pays pour réclamer des réformes politiques, sociales et économiques, et ce, dans un esprit strictement pacifique. « Le 20 février nous a montré que le changement est possible quand on agit avec calme et organisation. Les violences ne font que discréditer nos revendications », a souligné une participante dans un message largement partagé.
Plusieurs voix modérées ont insisté sur le rôle de la communication et du dialogue. Selon eux, la colère est légitime, mais elle doit être canalisée afin d’éviter que des manifestations citoyennes ne se transforment en scènes de chaos. « S’attaquer aux biens de nos propres compatriotes, à leurs magasins ou à leurs voitures, ne fait que diviser notre société », avertit un autre internaute, notant que « ceux qui ont soutenu le mouvement pacifique au départ risquent de se retirer et de ne plus nous suivre si la violence continue. Nos revendications perdent alors tout leur sens ».
Cet appel à la retenue a trouvé un écho auprès de nombreux participants qui ont exprimé leur inquiétude quant à la radicalisation de certaines franges du mouvement. « Nous devons être unis et responsables », insiste une jeune fille, qui soutient: « Nous avons le droit de manifester, mais nous avons également le devoir de protéger nos concitoyens et leurs biens. La violence ne profite à personne et divise notre pays ».
Ainsi, l’expérience des 27 et 28 septembre rappelle combien le civisme, la modération et le dialogue sont essentiels pour que des mouvements populaires aboutissent à des résultats constructifs. Le Maroc a déjà démontré, notamment avec le 20 février 2011, que des mobilisations pacifiques pouvaient susciter des réformes et attirer l’attention sur les enjeux sociaux et économiques du pays. Aujourd’hui, il appartient aux jeunes et aux citoyens de poursuivre ce chemin avec responsabilité, en veillant à ce que leur lutte pour des droits légitimes ne se transforme pas en violence contre leurs propres compatriotes.
Le message de certains jeunes est clair : revendiquer ses droits est un devoir citoyen, mais cela doit se faire avec prudence, discipline et respect des autres. Dans un contexte où la tension sociale est palpable, protéger la cohésion nationale et éviter les divisions internes restent des impératifs pour que le Maroc avance sur la voie de la justice sociale et de l’équité, et pour que les doléances des jeunes soient entendues et satisfaites.
The post Manifestations et violences : des jeunes de GenZ appellent au calme et au pacifisme appeared first on Hespress Français – Actualités du Maroc.