À La Réunion, ces trois cirques forment l’un des paysages les plus grandioses de l’île

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Nés de l’effondrement du massif du piton des Neiges, les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie forment le noyau montagneux de La Réunion. Accrochés aux pentes d’un volcan endormi et protégés par des remparts abrupts, ces amphithéâtres naturels offrent des paysages d’une rare diversité, entre forêts tropicales, crêtes découpées, villages perchés et sentiers escarpés.

Salazie, le plus verdoyant

Salazie se découvre en empruntant la côte nord-est de La Réunion. Le trajet suit la rivière du Mât, s’enfonce dans une gorge étroite, puis serpente sous des falaises ruisselantes jusqu’au village du même nom. À mesure que l’on prend de l’altitude, la végétation se densifie, le ciel se fait plus bas, l’horizon se brouille. C’est alors que les premières cascades apparaissent. Parmi elles, le Voile de la Mariée, l’une des chutes d’eau les plus emblématiques de l’île, se laisse admirer depuis la route, à environ un kilomètre du bourg. Aussi impressionnante que majestueuse, elle dévale, sur plus de 200 mètres, le long d’une paroi colonisée par les lianes. Dans ce cirque extrêmement humide, la moiteur se ressent partout, des pans rocheux recouverts de végétation aux forêts denses. Ici, les sentiers restent boueux même en saison sèche, et les maisons doivent composer avec la mousse envahissante et les écoulements constants.

Au cœur du cirque, le village d’Hell-Bourg s’étend autour d’anciennes habitations créoles aux lambrequins finement sculptés. Classé parmi les « Plus Beaux Villages de France », il témoigne, avec un charme désuet, d’un passé thermal aujourd’hui révolu. On y visite la villa Folio, remarquable exemple d’architecture bourgeoise du XIXe siècle, ainsi que les ruines des bains, exploités dès 1852. Plus haut, le col des Bœufs (1 956 mètres), praticable en voiture, marque la frontière avec Mafate. De là, on peut descendre à pied vers un autre amphithéâtre naturel : La Nouvelle, la principale localité de la région, accessible après 2 h 30 de marche et 600 mètres de dénivelé négatif. On change alors de versant, mais aussi de rythme.

Mafate, le plus isolé

Sans route ni réseau électrique, Mafate est le seul des trois cirques à ne pouvoir être atteint qu’à pied ou en hélicoptère. Ce territoire protégé, intégré au parc national de La Réunion et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, couvre plus de 140 kilomètres carrés et abrite une douzaine d’îlets. Typiques des montagnes réunionnaises, ces plateaux sont occupés par de petits hameaux qui, aujourd’hui, vivent en quasi-autonomie, avec leurs écoles, leurs panneaux solaires et leurs jardins vivriers.

L’entrée la plus impressionnante reste celle par le piton Maïdo, au-dessus de Saint-Paul. On y parvient en voiture jusqu’à 2 200 mètres, puis on pénètre à pied dans un monde suspendu : trois heures de descente vers Roche Plate, au fond d’une ravine, puis autant pour en ressortir. Plus fréquentée, la traversée vers Marla, à l’extrémité sud, demande cinq à six heures de marche selon le parcours. Les randonneurs très expérimentés peuvent, eux, faire le tour complet en trois à quatre jours, avec un dénivelé cumulé de 2 500 mètres.
Cilaos, le plus fréquenté

Le troisième cirque, Cilaos, est le plus accessible depuis le sud de La Réunion. Au départ de Saint-Louis, la fameuse « route aux 400 virages » grimpe sans relâche, enchaînant sur 35 kilomètres ponts métalliques, tunnels étroits et lacets serrés. On atteint finalement, à environ 1 200 mètres, un bourg animé avec des thermes, un marché, des artisans brodeurs et des hôtels familiaux. Ce village est le point de passage de plusieurs itinéraires majeurs, dont le GR R1, qui fait le tour du piton des Neiges, et le GR R2, qui traverse l’île du nord au sud.

Depuis Cilaos, le col du Taïbit permet de rejoindre Mafate en quatre à cinq heures de randonnée. Le sentier grimpe en virages serrés jusqu’à 2 082 mètres, avant de plonger vers Marla. En chemin, les cultures en terrasses alternent avec des zones forestières de pins et d’eucalyptus, et l’on croise parfois des porteurs assurant la liaison entre les deux cirques. Autre objectif : la cime du piton des Neiges, qui se conquiert en deux jours. On rejoint d’abord le refuge de la Caverne Dufour à 2 479 mètres, puis on termine l’ascension de nuit pour assister au lever du soleil. Au sommet (3 070 mètres), la vue, grandiose, embrasse les trois cirques, les plaines du sud, les crêtes de Mafate et, par temps clair, la mer.
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